Baudelaire nous dit dans son texte que le beau est toujours bizarre. Surtout le concept de beauté est propre à chacun, et si le beau devenait universel il viendrait à disparaitre car « toutes les sensations se confondraient dans une vaste unité, monotone et impersonnelle, immense comme l’ennui et le néant ». Baudelaire nous explique que la bizarrerie qui se trouve dans le beau est indispensable, car c’est cette bizarrerie qui peut provoquer une surprise, un « étonnement », de la variété et du nouveau. C’est cette bizarrerie qui est le propre de l’individualité, « sans laquelle il n’y a pas de beau ». Hors de tout critère universel qui serait valable pour tous (comme la Parole de Dieu ou un critère « scientifique »), le beau ne doit pas suivre une « règle » mais doit au contraire exprimer différentes idées, différentes notions, une singularité. « Le beau ne peut pas être banal car il doit faire une différence pour quelqu’un, quelque part, à un certain moment… » (source) A l’inverse, et c’est toute la difficulté, cette « bizarrerie », cette marque de la singularité, ne doit pas être volontaire, voulue, consciente, calculée, sinon ce serait « un monstre sorti des rails de la vie ». On peut imaginer alors que cette marque ne peut qu’être remarquée, trouvée, décelée par d’autres, et que c’est ça qui peut faire une œuvre et exprimer, à un moment donné et pour quelqu’un ou quelques uns, la beauté.